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Auradou

Auradou et son histoire*

Dans le numéro du journal de la Communauté (n°11 janvier 2005), nous avions évoqué l'histoire de la ville de Penne d'Agenais, chef lieu de canton et «capitale» de la Communauté. Aujourd'hui, C'est donc la commune d'Auradou qui fait l'objet de nos recherches.

La plupart des étymologistes s'accordent pour dire que le toponyme «auradou» vient «d'auratorius» qui est un méchant latin de cuisine signifiant «oratoire». D'autres toponymistes assurent avec une réelle conviction que le mot vient «d'orador» qui est du celte d'arrière cuisine et qui voudrait dire la même chose : «oratoire» Autrement dit, bien avant que l'église catholique apostolique et romaine conquière la Gaule, il y avait ici un lieu de prières dédié à quelques divinités païennes. Affirmation intéressante, à un détail près : le mot «oratorium» n'a été inventé par l'Eglise qu'au XII" siècle. C'est un terme typiquement chrétien, né entre 1174 et 1176. Ce qui contredit la thèse précédente et indique qu'Auradou n'était pas un lieu de prières païen puisque l'Eglise les a toujours niés. Le mot signifie en latin: «lieu consacré à la prière» et «église non pourvue des pleins droits paroissiaux».

Origine chrétienne ?
Ce qui veut dire qu'ici, au début de l'époque chrétienne, s'élevait un lieu de prières qui ne bénéficiait pas des pleins droits d'une chapelle consacrée. Il est donc très probable que dans cet épatant vallon, des chrétiens primitifs se soient réunis pour prier. Nous pourrions en rester là, mais d'autres étymologistes tout aussi pertinents, assurent avec véhémence que le mot «auradou» vient «d'auradulci» qui signifierait «douce température». Fait-il meilleur ici qu'ailleurs ? La météo ne le confirme pas. Cela ne signifie pas pour autant que cette origine soit fausse. De même, celle qui assure que «oradou» vient «d'oratus» qui veut dire «riche vallée», est tout aussi improbable à notre sens.
L'origine chrétienne évoquée plus haut, c'est à dire «lieu de prières» est d'autant plus possible que l'église paroissiale est consacrée à Saint-Martin, qui fut évêque de Tours aux environs de l'an 300 et que dans la région, parce qu'il était à la mode en raison des nombreux miracles qu'on lui attribuait, un nombre considérable de chapelles lui furent consacrées autour de l'an 500. Ce qui nous ramène au christianisme primitif et à l'oratoire, lieu de recueillement.

vu et Eglise d'Auradou

Préhistoire
Ce qui ne veut pas dire que des hommes n'habitaient pas là avant la christianisation... On trouve dans la commune, des murs gallo-romains. Des fouilles ont révélé, au lieu dit «Armans», une meule à moudre du blé de type romain. Mieux encore : à Grézac, on a découvert une nécropole mégalithique. C'est à dire de la préhistoire ! Fouillée au XIX" siècle par le Comte de Bonnal, cette nécropole a délivré des dents humaines, des haches polies, des dents d'ours perforées – ce qui prouve qu'il y avait des ours ici - des perles discoïdales en nacre dont les deux faces sont agrémentées de dessins ; des têtes d'épingles en os poli et des défenses de sanglier polies.
Après ces premiers hommes et après les Romains, on ne sait pas grand-chose d'Auradou. On ne trouve des traces qu'au XIV siècle où l'on sait qu'Auradou et Saint-Avit de Caillebet formaient une seule paroisse. On sait aussi qu'au XV' le village fut annexé par Hautefage. Les constitutionnels lui restituèrent le titre de cure en 1792, ce qui est étonnant et le village ne devint, religieusement, une «succursale» de Penne, qu'en 1803.
Architecturalement, l'église Saint-Martin, dans le village, est probablement le monument le plus ancien. Il ne fait pourtant pas de doute qu'il a été rebâti au XII siècle sur des ruines de l'ancien oratoire Saint-Martin du V" siècle.
On trouve enfin un élément du patrimoine, peut-être médiéval : la fontaine du village qui alimentait le lavoir-abreuvoir. Il porte une inscription «BA.CA.P» dont on ne connaît pas le sens. C'est un des mystères de la commune.
Si l'un des lecteurs de ce journal est en mesure de lever le voile, qu'il n'hésite pas à nous téléphoner au 05 53 49 58 84.


* Source "Le Journal de la Communauté de Communes du Canton de Penne d'Agenais n°12 Juillet 2005.

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