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Massels

Massels et son histoire*

La paroisse de Sainte-Quitterie, avec son annexe Saint-Pierre, était jadis une cure de l’archiprêtré de Villeneuve. L'ancienne paroisse faisait partie de la juridiction de Penne, puis, à partir du XVe siècle, elle fut rattachée à celle de Frespech.il n’y a pas de village, ni même de hameau important dans cette commune qui possède donc deux églises. Au Moyen Age, Saint-Pierre faisait partie de l'abbaye de Moissac et certains historiens prétendent que les Templiers disposaient d'un prieuré à Massels, au lieu-dit Trilles.
L'église Sainte-Quitterie de Massels est un édifice roman bâti probablement au XV` siècle, tout comme la chapelle de plan carré qui la complète. Les décors peints sur les murs de l'église sont organisés en fonction des ouvertures.

l'Eglise de Massels

Une sainte mystérieuse
Le thème des peintures, très homogène, illustre un cycle de la Passion du Christ. Avec, notamment, le couronnement d'épines. Deux bourreaux enfoncent la couronne à l'aide de deux roseaux entrecroisés sur le front du Christ. La scène centrale est celle où Jésus porte la croix. Il apparaît, courbé, visiblement épuisé. On peut voir aussi une crucifixion symbolique à laquelle assistent-la Vierge et Saint Jean. Une autre scène représente la descente de la croix.
Deux échelles placées contre le bois de torture portent chacune un personnage qui soutient le Christ tandis que Nicodème arrache les clous avec une tenaille.
Les ébrasements de la fenêtre sont occupés par un diacre martyr, probablement Saint-Laurent, tenant un livre et une palme. Il est accompagné d'une sainte couronnée qui piétine un étrange animal. S'agit-il de sainte Marguerite ? Mystère.

Une œuvre unique
La mise au tombeau est parfaitement conservée. Sept personnes y assistent : Joseph d'Arimathie, Nicodème. La Vierge, Saint Jean et Marie-Madeleine. Deux femmes à l'arrière-plan sont difficilement identifiables. Deux soldats, endormis, l'un sur une lance, l'autre sur une hallebarde, gardent le tombeau. Une dernière scène, à droite, représente la descente aux limbes. Le Christ arrache Adam d'une gueule monstrueuse. D'autres dessins, eux aussi du XV` siècle, complètent cette ouvre unique qui mérite largement la visite. D'autant plus que durant les troubles (XVI`) les protestants n'attaquèrent pas Sainte-Quitterie comme ils le firent de toutes les autres églises de la région. Certains prétendirent que c'était à cause de la qualité des peintures.
Les peintures de la chapelle, qui a servi de lieu de sépulture, sont signalées au moins à deux reprises dans une visite pastorale de 1605, de Nicolas de Villars, et dans celle de 1668, de Claude Joly.

Fin tragique d'un poète
Le seul personnage important de la commune fut le poète Paul Froment qui est né à Floressas, près de Puy-L’évêque dans le Lot, mais qui vécut et écrivit beaucoup de ses œuvres sur le territoire de Massels. Il commença à rimailler tout en labourant. Au bout de chaque sillon la stance s'envolait et à la fin de la journée de labour, il tenait son poème. En 1895, il envoya aux jeux floraux de l'Escolo Moundino, à Toulouse, un manuscrit et il obtint un deuxième prix de sonnet. Mistral le repéra et le recommanda à l'un de ses bons amis lyonnais, Eugène Vial. La gloire arriva, mais il n'en profita pas car il mourut noyé dans le Rhône, chez son ami Vial.
Le mystère de cette fin tragique ne fut jamais pleinement élucidé. Mistral, qui l'appréciait et qui songeait à lui pour le grand prix de poésie aux Jeux Floraux de 1899, pleura la fin de « l’humble et charmant poète laboureur, tombé, comme un fils de roi, sous le poignard de quelque assassin stupide».

* Source "Le Journal de la Communauté de Communes du Canton de Penne d'Agenais n°17 Juillet 2007.

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